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L'Orient après l'amour, Actes sud, 210p. 19 €
Mohamed Kacimi

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Mohamed Kacimi : "Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé
d'en pleurer"
J'avais découvert
Mohamed Kacimi par une pièce intitulée La confession d'Abraham.
Époustouflant ! C'est donc avec sympathie que j'observe, émoustillé, les
cuisses sensuelles de la couverture de L'orient après l'amour.
Ce livre commence
comme une autobiographie : l'auteur grandit dans sa zaouïa. Un récit
prend le relais quand il devient adolescent : des témoignages inspirés
des souvenirs de ses oncles et grand-père. Un carnet de voyage suit :
Damas, Le Caire, Beyrouth, Jérusalem… Puis le texte se transforme en une
suite de courtes saynètes. Les dernières pages tissent un ana, où
Mohamed Kacimi nous confie les leçons qu'il a tirées de l'expérience de
la vie.
Hétéroclite, ce
livre ? Non, c'est un exemple typique de la NLA,
que l'on rencontre donc aussi bien au sud qu'au nord du Sahara. Le
décloisonnement des genres est certes déconcertant, mais ces diverses
briques sont liées par un mortier en granit : l'humour.
Un humour plus
décapant qu'un torrent de larmes. On trouve dans ce texte le sarcasme :
"Je suis né dans une Zaouïa, un phalanstère soufi"; la raillerie : de
son oncle tombé, en dansant, à la renverse sur un brasero, il dit "Il
rentrait (…) en chantant la Marseillaise, car il avait décrété que la
musique arabe était fatale pour le cul"; mais aussi l'autodérision :
"Les Arabes n'ont d'amour que pour les êtres et les choses qu'ils ont
anéantis"; ou encore le saugrenu : au Saint Sépulcre, parlant des
pèlerins, "les Chinois en larmes et en peluches se jettent sur la pierre
du Lavement". L'humour grivois n'est pas absent : (dans le RER un jeune
homme tente de glisser son numéro de téléphone à une jeune femme)
- "- Vous voyez bien que la
demoiselle ne veut pas de votre numéro.
- - Tu parles qu'elle ne
veut pas, elles veulent toutes niquer, (…)
- - Écoutez, si elle ne
veut pas de votre numéro, moi je veux bien le prendre.
- Le visage du jeune homme
s'éclaire.
- - Tu veux que je te
nique ?"
On l'aura compris,
presque toutes les formes du rire se côtoient dans ce livre, le
calembour, l'ironie, le ridicule, le mot d'esprit, le persiflage, la
facétie, la parodie etc. Même dans le titre qui est une plaisanterie,
puisque l'amour est le grand absent ! C'est L'Orient après…
Donc si c'est après, c'est que c'est fini, et on n'en parle pas !
La jubilation que
procure cette lecture est aussi esthétique, et l'ombre de Rimbaud plane
sur le texte. De Beyrouth, il écrit "Les pistes d'atterrissage finissent
toutes à la banlieue sud, raz de marée chiite fait (…) de femmes voilées
qui dévalent le soleil comme des taches d'encre de Chine."
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Réplique de Figaro, dans Le Barbier de Séville, de
Beaumarchais.
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NLA : Nouvelle Littérature Africaine.
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