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Le collectivisme littéraire
Les ouvrages collectifs, autrefois
apanage des textes universitaires gagnent de plus en plus de terrain en
littérature. Ils présentent de nombreux avantages. Pour le lecteur
averti d’abord : attiré par une grosse locomotive dont le nom est sur la
couverture, il va découvrir de nouveaux talents à côtés desquels il
serait passé sinon. Pour le néophyte, qui découvre d’un coup une
littérature dont il ignorait l’existence. Pour le petit éditeur, c’est
un retour sur investissement. Les écrivains qu’il a aidé à émerger lui
offrent des petits bijoux qui le feront connaître du grand public. A
l’heure de la fast-food, du fast-shoping, ils permettent
le fast-reading : on peut les lire par petits bouts, dans les
transports en commun, par exemple. Pour les auteurs, enfin, qui y
trouvent une voie de pénétration vers un public beaucoup plus large,
parfois même inattendu, ainsi de Florent Couao-Zotti qui a vu sa
nouvelle parue dans Enfance traduite en japonais et
reprise par Nathan International pour un manuel de 5ème
Pour autant, ces recueils ne sont pas
exempts de défauts. Les textes peuvent être d’un niveau disparate. Le
manque de temps peut amener à sortir des fonds de tiroir. Ils peuvent
aussi paraître éclectiques, s’écarter résolument du thème choisi. C’est
à l’éditeur de veiller à la cohérence et à l’unité. En dernier ressort,
personne ne peut se mettre à la place des lecteurs pour les juger. On
serait sans doute surpris si on leur demandait de mettre des notes…
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